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Interview de Jérôme Vincent, directeur de ActuSF – #plib2018

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Dans le cadre du Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubersapp 2018 (PLIB2018), j’ai eu l’opportunité, en tant que membre du jury, d’interviewer des auteurs ou éditeurs dont les livres étaient présélectionnés. Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer Jérôme Vincent.

Jérôme Vincent - ActuSF

©blog.jeury.fr

Tout d’abord, je voudrais vous remercier à nouveau de bien vouloir prendre de votre temps pour répondre à mes questions.

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis le directeur de la société Actusf et donc de la maison d’édition.

J’aimerais revenir sur la création de votre maison d’édition. Comment est venue cette idée ? Quand ? Est-ce toujours la même équipe qui gère la maison d’édition ?

En fait, il y a très très longtemps, nous faisions des recueils avec les gagnants d’un concours de nouvelles que nous organisions. En lançant Actusf, nous avons eu envie de poursuivre l’aventure de l’édition, d’abord en faisant des anthologies avec de jeunes auteurs, puis en publiant des guides, et puis enfin, en rencontrant Roland C.Wagner qui nous a confié une nouvelle sur la vie de Lovecraft et en nous proposant de l’éditer. C’était encore des tous petits tirages. Et puis de fil en aiguille, en 2007, nous nous sommes vraiment lancés avec un planning de parutions chaque année bien structuré.

Est-ce toujours la même équipe qui gère la maison d’édition ?

Nous étions alors trois, Charlotte Volper, Eric Holstein et moi-même. C’est toujours la même équipe avec les apports de Marie Marquez et Jean-Laurent Del Socorro désormais, et d’Audrey Alwett.

Que vous a apoorté le site ActuSF dans cette création ? En quoi avoir cette structure préexistante vous a-t-il facilité les choses ?

Nous avions en fait notre propre média. Ce n’était pas décisif en terme de ventes, mais nous avions donc déjà un canal de communication. Et puis cela nous a surtout fait rencontrer beaucoup d’auteurs et de professionnels. C’était un énorme plus. Via Actusf, on connaissait déjà beaucoup d’auteurs et d’autrices.

Comment avez-vous décidé de créer la structure Les indés de l’imaginaire ? Qu’est-ce qu’elle vous apporte ? André-François Ruaud, que j’ai interviewé récemment, m’a dit que vous étiez venu le chercher pour intégrer la structure. Comment et pourquoi avoir choisi les maisons d’édition partenaires ?

Travailler avec d’autres maisons d’édition était une vieille envie, qui fut confirmée lors d’un salon du livre à Paris. On s’est retrouvés avec Mnémos les uns à côté des autres. Et plutôt que de se faire concurrence, cela créait une chouette émulation. Du coup, on a décidé de s’associer et nous avons été chercher les Moutons électriques dont on appréciait les publications. Ils étaient en plus en région Rhône Alpes comme nous et ils avaient le même diffuseur / distributeur, ce qui simplifiait les choses en terme de relation commerciale. L’envie commune tous les trois et l’amitié ont fait le reste…

Vous organisez aussi régulièrement des campagnes de crowdfunding via Ulule, vous participez en ce moment à la campagne de l’intégrale Lovecraft de Mnémos en proposant certains de vos titres dans les contreparties. Pouvez-vous m’expliquer l’intérêt d’une telle action ?

Ulule ActuSF - Je suis Providence  Ulule ActuSF - Lovecraft au coeur du cauchemar

C’est l’occasion de pouvoir financer des livres que nous ne pourrions pas publier en les sortant en libraires, parce que leurs coûts sont trop élevés. C’est souvent des projets totalement fous. Du coup le crowdfunding est une vraie chance pour cela, avec de vraies réussites. Et en plus cela nous permet de faire de jolis livres en travaillant les objets. Je pense que tout le monde est gagnant.

Vos livres ne sont pas toujours disponibles dans les petites librairies non spécialisées dans l’imaginaire. Si je ne trouve pas un de vos titres chez mon libraire, vous préférez que je lui demande de le commander, ou que je le commande directement sur votre site ?

Il faut comprendre que les libraires doivent choisir dans toutes les nouveautés qui débarquent chaque semaine. Du coup, ils n’ont pas forcément la place de garder longtemps les livres. C’est normal. Après, les deux idées me plaisent, que vous passiez par votre libraire, ce qui fera remonter les stats du livre dans les bases de données, ou que vous passiez par notre site (avec la possibilité de voir tout le catalogue, et pourquoi pas de se laisser tenter par un autre livre…).

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots les collections qui composent votre catalogue ?

Nous avons plusieurs collections, d’abord la collection des Trois Souhaits qui est notre collection générale, puis la collection Perles d’Epice qui est dédiée aux auteurs étrangers, la collection Bad Wolf qui est dédiée à la fantasy francophone et la Collection de la Maison d’Ailleurs, dédiée elle aux livrets que nous réalisons en partenariat avec ce musée qui est génial. S’ajoutent deux autres collections partagées avec les indés : Naos (pour la jeunesse et le young adult) et Hélios (la collection poche).

Et votre ligne éditoriale d’une manière générale ?

Concernant la ligne édito, elle se fait en fonction un peu des coups de cœur. Nous aimons l’imaginaire dans son ensemble et vous trouverez chez nous aussi bien de la science-fiction que de la fantasy en passant par le fantastique et le steampunk. Et puis on aime bien travailler sur l’imaginaire avec des Guides ou des Monographies comme celles sur Philip K.Dick ou Lovecraft. Ajoutez à cela des publications 100% numériques, et vous aurez un panorama complet.

Pourquoi avoir participé à la mise en place de L’appel de l’imaginaire en mars 2017, et des Etats Généraux ainsi que Le mois de l’imaginaire en octobre ? Qu’espérez vous voir émerger de cette initiative ?

Les deux initiatives vont dans le sens de ce nous faisons déjà. Le Mois de l’imaginaire, c’est l’occasion de collaborer avec d’autres éditeurs pour défendre un genre que l’on aime tous. Et les Etats Généraux, c’est l’occasion d’aller un peu plus loin que l’opération commerciale et de réfléchir sur la science-fiction et la fantasy et de nous mobiliser tous ensembles. C’est vraiment enthousiasmant parce que ça n’a jamais été fait. Et sans doute que c’est également une nécessité.

Vous avez trois titres présélectionnés pour le PLIB 2018 (Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubersapp), que pensez-vous de ce nouveau prix, décerné par des blogueurs et booktubeurs ?

Je trouve ça très chouette. J’adore quand des prix se montent parce qu’ils sont l’expression d’une envie. Que des blogueurs et des booktubeurs se mobilisent à travers cette initiative, c’est intéressant et c’est totalement dans la mouvance du Mois de l’imaginaire et des Etats Généraux. Plus nous bougerons, plus nous pourrons espérer dépasser nos frontières.

Que pensez-vous de la présélection de ces trois titres ? (entre l’envoi de mes questions et le retour de Jérôme Vincent, les résultats des finalistes sont tombés…)

Quant aux trois titres sélectionnées, malheureusement ils ne sont pas finanlistes. Mais ils sont tout de même parfaitement géniaux:)

Je ne peux qu’approuver, au moins concernant Boudicca, que j’ai adoré 😉 (je n’ai hélas pas eu le temps de découvrir les autres… la présélection comptant plus de 80 titres !)

Ma chronique de Boudicca

Les avis en lignes (blogs, booktube…) sont-ils importants pour vous ? Pouvez-vous nous expliquer pourquoi (que la réponse soit oui ou non^^) ?

Ils sont intéressants à deux titres. D’abord parce que quand ils sont positifs, ils nous font du bien, à nous et aux auteurs. C’est aussi l’occasion de lire parfois un autre éclairage sur ce que l’on publie. Et puis la deuxième raison, c’est qu’ils sont de vrais indicateurs. Plus les avis se multiplient, plus on a une indication de ce qui va se passer en librairie. Plus un titre marche, plus un titre à des commentaires positifs. Et puis vraiment, on adore ça.

Comme je le disais, je n’ai eu le temps et l’occasion de lire qu’un seul des trois titres sélectionnés, Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro, qui a été un coup de cœur. Ceci-dit, ces titres font tous partie de la collection Bad Wolf, alors qu’ils semblent assez différents les uns des autres. Sorcières Associées, de Alex Evans, est présenté comme steampunk; La fée, la pie et le printemps de Elisabeth Ebory, semble plus ancré dans le merveilleux; alors que Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro romance l’histoire d’une reine Celte ayant réellement existé… Quels sont les points communs entre ces romans ?

                                        Sorcières Associées - Alex Evans  La fée la pie et le printemps - Elizabeth Ebory  Boudicca - Jean-Laurent Del Socorro

Avec Audrey Alwett, nous souhaitons une collection de fantasy qui non seulement soit porteuse d’idées et de diversités, mais qui en plus ait dans chaque livre un propos sociétal. J’y vois à chaque fois des ouvrages malins et très agréables à lire, portant un regard sur notre monde. Alex Evans va parler par exemple du monde du travail avec des travailleurs remplacés par des zombies, Jean-Laurent Del Socorro de l’engagement mais aussi parfois du renoncement face à ses idéaux, et Elisabeth Ebory de la quête du pouvoir, d’un monde passé qui s’éloigne et des relations par delà le temps. C’est une collection que j’aime beaucoup parce que je trouve que les choix d’Audrey sont très pertinents.

Je voulais à nouveau vous remercier d’avoir joué le jeu en répondant à mes nombreuses questions. Au plaisir de se croiser sur un salon, ou lors de dédicaces…

Merci à vous aussi, lecteurs d’être passés par ici et d’avoir lu cet article jusqu’au bout. Merci aussi pour votre indulgence envers la débutante que je suis en matière d’interviews.

Hélène ptitelfe, du blog éponyme, a publié une très jolie interview d’Elisabeth Ebory, que je vous invite à lire…

Cet article est le troisième d’une série entamée il y a un mois. J’espère pouvoir vous en proposer davantage dans les semaines à venir…

Vous pouvez retrouver Simon Pinel des éditions Critic par ici

et André-François Ruaud des éditions Les Moutons Électriques par là.

 #ISBN:9782366298321 – #ISBN:9782366298376 – #ISBN:9782366298499

 

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