Yardam – Aurélie Wellenstein

Yardam est un roman de Aurélie Wellenstein, publié le 19 mars 2020 aux éditions Scrineo. Il fait partie des derniers titres livrés en librairie avant le confinement et est donc disponible dès maintenant. Une cité en quarantaine à cause d’un mal mystérieux, une maladie sexuellement transmissible… c’est un roman envoûtant, déroutant, qui ne peut pas laisser indifférent.

Résumé :

À Yardam, la folie est sexuellement transmissible. Dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, la population est mise en quarantaine, isolée du reste du monde.
Le virus n’a pas épargné Kazan. À l’image de la ville qui s’enfonce dans le chaos, il sombre lentement. Pour s’en sortir, il serait prêt à toutes les extrémités, y compris à manipuler Feliks et Nadja, un couple de médecins étrangers venu s’enfermer volontairement dans la cité pour trouver un remède. Dans son désespoir, il va accomplir le pire…

Avis :

Aurélien Police a créé pour ce roman un écrin à la hauteur du texte, résumant parfaitement la teneur du mal qui dévore Kazan, et l’ambiance du roman, envoûtante et oppressante à la fois. C’est clairement un roman adulte, et non ado, non seulement de par sa thématique, mais surtout de par la façon dont l’autrice a choisi de la traiter, sans aucun tabou, de façon frontale, ce qui donne de fait des scènes qui à l’écran seraient interdites aux mineurs !

J’ai un rapport particulier à ce roman… je l’ai commencé début mars, avec pour objectif de publier cette chronique autour du 19, pour la sortie du roman. Les événements ont fait que les librairies ont fermé le 17 mars, alors que le roman était arrivé en librairie, mais pas encore en rayon. Je l’ai lu en deux fois, car avec l’arrivée du CoViD et le début du confinement, je n’avais pas franchement envie de lire cette histoire de quarantaine. Non pas que je n’aimais pas le livre, loin de là, simplement que j’avais besoin d’air et que son atmosphère n’était pas idéale à ce moment là. Ceci-dit, quand je l’ai repris il y a huit jours, je l’ai fini d’une traite, car il n’y a pas à dire, Aurélie Wellenstein est très douée pour créer des univers à la fois dérangeants et addictifs.

Dès les premières pages, on plonge dans la cité aux côtés de Kazan, jeune homme donc on découvre très vite qu’il n’est pas seul dans sa tête. Il dispose des compétences d’hommes et de femmes qui ont eu le malheur de croiser son chemin. On pense rapidement à la schizophrénie même si la syphilis n’est pas loin non plus quand on voit les ravages de sa maladie. Kazan vit à Yardam, une cité dont on assiste à la mise en quarantaine à cause d’un mystérieux mal qui semble vider les êtres de leur humanité. Le peuple les a surnommés les « coquilles ». Quel est ce virus qui les mets dans un tel état ?

📖 découvrir un extrait

Déroutant, envoûtant, oppressant, dérangeant, addictif, ce sont les adjectifs que j’ai utilisés jusqu’ici pour décrire l’univers et l’ambiance de Yardam. Une ville aux multiples facettes, qui fascine par son originalité, dérange par le mal qui la ronge, oppresse par ses ruelles sombres. C’est une ville qui envoûte, qui fascine, et qui dégoûte par la saleté et la puanteur de ses rues, par l’injustice que subit son peuple au quotidien. Et pourtant, c’est une ville qu’on a du mal à quitter, tout comme Kazan, personnage aussi haïssable par son comportement qu’attachant par son histoire. Comme mes sentiments à sa lecture, tout est dual dans ce roman, pas pour autant en délicatesse, loin de là ! Délicatesse n’est pas une caractéristique que j’attribuerais à ce roman, ni aux autres de l’autrice que j’ai déjà lus… C’est un roman brut, âpre comme l’est à priori la vie à Yardam.

Le parcours de Kazan est aussi chaotique que la vie dans la cité de Yardam fur et à mesure que la quarantaine se prolonge. Les conditions sanitaires de la ville se dégradent à la même vitesse que la santé de mentale du jeune homme. Jusqu’où Aurélie Wellenstein a-t-elle l’intention d’emmener ses personnages et ses lecteurs ?  Loin, très loin dans les bas-fonds de Yardam. En immersion totale derrière les hautes murailles de la cité.

La cité de Yardam se trouve dans un univers d’inspiration slave, région que je n’ai pas souvent rencontrée jusqu’à maintenant dans mes lectures de fantasy. et que je trouve pourtant attirante et dépaysante. Un empire étendu, tellement vaste que d’un bout à l’autre, les traditions sont on ne peut plus différentes. A Yardam, les femmes sont cantonnées à la maison quand à  Joukovski, les femmes peuvent étudier, et même pratiquer la médecine. C’est de là que viennent Nadja et Feliks, et Nadja a bien du mal à concevoir de ne pas pouvoir exercer son métier, de pouvoir juste, à la rigueur, assister son mari.

Je ne sais pas si je peux dire avoir adoré ma ma lecture sans passer pour masochiste, j’ai pourtant passé un excellent moment de lecture quand j’ai repris le livre, ce qui m’a fait regretter de l’avoir mis de côté, car si la quarantaine me paraissait résonner avec notre situation, au bout du compte, on est dans un univers tellement loin de notre quotidien (et heureusement quelque part^^)… J’ai eu une petite déception avec la fin, que j’ai trouvé un peu mièvre par rapport au reste du roman, même si elle apparaît comme logique au vu des événements du récit. Je vais peut-être paraître horrible, mais j’aurais aimé une fin plus rude, à l’image de la cité de Yardam.

Yardam est un roman tout en contrastes, qui ne ménage ni ses personnages, ni ses lecteurs, comme sait si bien le faire Aurélie Wellenstein. Le décalage entre la douceur qu’elle dégage quand on la rencontre et la violence de ses textes est impressionnant !!! Et le pire (ou le mieux^^) c’est que j’en redemande… Après avoir découvert trois de ses romans, j’ai très envie d’en lire plus. Masochiste, je vous dis.

Yardam est une lecture sombre et étouffante, rude, mais surtout envoûtante. Une fois que cette cité vous aura pris dans ses filets, elle ne vous lâchera pas, elle vous entraînera aux côtés de Kazan et des autres dans la fuite en avant de sa quarantaine. Prêt pour le voyage ?

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J’ai reçu la version papier de ce livre dans le cadre de ma participation au Club des lecteurs Scrineo pour l’année 2020. Merci à eux pour la confiance.

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