Utopiales 2019 – Bilan

Une semaine après la fin des Utopiales, il est plus que temps de vous présenter le bilan de mon expérience de cette année, qui a été intense, pour des raisons plus ou moins positives que l’on évoquera au fil de l’article…

Jeudi 31 octobre

En cette première journée, après avoir récupéré mon accréditation, j’arrive au niveau de la scène Shayol, scène centrale du site vers 9h45 alors que la toute première conférence a débuté a 9h30. Quelle n’est pas ma surprise de voir déjà la totalité des chaises (ou presque) occupées ! Le thème est intéressant : Les voyages sur la lune au cinéma, présenté par Roland Lehoucq, président du festival et astrophysicien de renom. Il est cependant impressionnant de voir que dès les premières heures du salon, la foule est là… Au fur et à mesure de la journée, on se fera la réflexion avec des collègues blogueurs et/ou chroniqueurs qu’il y a quasiment autant de monde que le samedi l’année dernière. On s’attend donc déjà à des prochains jours chargés, mais on était loin du compte. On en reparlera plus tard.

Afin d’éviter une foule prévisible, j’ai fait la majeure partie de mes achats aujourd’hui (plutôt raisonnable, non ?) :

 

Les rencontres et dédicaces de la journée :

Claude Ecken pour sa nouvelle dans l’anthologie

Luc Dagenais, auteur québécois primé par le GPI pour sa nouvelle La déferlante des mères publiée dans la revue Solaris 207

Ophélie Bruneau pour sa nouvelle dans l’anthologie

Sara Doke pour son recueil L’autre moitié du ciel, paru chez Mü en avril dernier

Ada Palmer, pour sa nouvelle dans l’anthologie, car je n’ai pas encore osé me lancer dans le premier tome de sa saga Terra Ignota, un sacré pavé. J’ai failli me laisser tenter dimanche, mais il n’y avait plus un seul exemplaire… C’est une autrice adorable, passionnante, extrêmement érudite. Et, détail original, elle offrait aux lecteurs des stickers représentants les factions politiques de son roman, et en avait même un sur le thème de sa nouvelle de l’antho !

Ariane Gélinas, une des très belles rencontres de ces Utos. Cette autrice québécoise est passionnée, et rêve que les littératures de l’imaginaire francophones voyagent d’un pays à l’autre… projet qui ne peut que retenir mon attention ! On a beaucoup parlé des littératures de l’imaginaire au Québéc, de la revue Brins d’éternité, de nos blogs (le sien)…

Jean-Laurent Del Soccoro, pour sa nouvelle dans l’antho, et un échange de conseils de littérature québécoise (il était placé juste à côté d’Ariane Gélinas)

Mel Andoryss pour le deuxième tome du Passageur et sa nouvelle dans l’antho. Une fois de plus, un échange fort sympathique sur le thème central du Passageur 2, le traitement de la folie féminine dans les années 40, ses projets… et une frustration dont elle nous a fait part (Adeline était par là aussi^^) concernant sa nouvelle de l’antho : elle contient un code que ni ses bêta lecteurs ni l’éditeur n’ont vu passer. Elle nous a mis au défi de le trouver. Il ne fallait pas le dire deux fois !!!

Les conférences et tables rondes auxquelles j’ai assisté :

Cryptographie avec Eric Gauthier, Laura Fernandez et Valérie Mangin, modéré par Marion Cuny

Rencontre avec Mathieu Bablet, modérée par Gilles Francescano, où l’on a eu l’occasion de découvrir en détail le parcours de Mathieu Bablet, jusqu’au projet collectif Midnight Tales et à l’affiche du festival, sans compter son travail en cours, dont des planches étaient présentées en exclusivité dans l’exposition qui lui était consacrée.

Se décoder d’un continent à l’autre, avec Ariane Gélinas, Luc Dagenais et Ophélie Bruneau, modéré par Mathieu Lauzon-Disco. Quelles sont les différences et points communs entre les littératures de l’imaginaire françaises et québécoises ? Quelles sont les difficultés à surmonter pour pouvoir être lu dans toute la francophonie ? Faut-il traduire le français québécois pour être lu en France ? Une rencontre passionnante, des pistes de réflexions nombreuses… je vous en reparlerai peut-être plus en détail dans un autre article.

Le storytelling, un nouveau code social ? avec Mel Andoryss, Olivier Paquet et Jean-Claude Dunyach, modéré par Xavier Mauméjean.

La volte, 15 ans d’engagement, avec Mathias Echenay, Li-Cam, Alain Damasio, Jacques Barberi, Ketty Steward, modéré par Jérôme Vincent. Comme à chaque fois que Damasio est sur scène pendant le festival, la salle est comble. Quand le public s’aperçoit que la table ronde tourne autour de la maison d’édition, et non seulement de sa personne, la salle se vide un peu… Cette table ronde est l’occasion de revenir sur l’histoire de la maison d’édition, née avec La horde du contrevent, à la ligne éditoriale à part, avec des convictions politiques et sociales fortes. Sur scène, on voit ce qui ressemble à une famille, pleine de passion et d’humour.


Vendredi 1er novembre

Si on avait pensé être très nombreux hier, on était loin du compte… Ce vendredi est la journée de l’enfer ! Du monde partout, on se bouscule, on se marche dessus, je ne sais pas où me mettre avec ma canne. Il fait chaud, les gens sont énervés, je ne compte plus les fois où on me lance des regards noirs parce que je prends trop de place, sans doute ? On se retrouve plusieurs fois avec ma compagne de canne du salon, Adeline (son instagram),  debout, à pester parce qu’on n’en peut plus, même si je conçois que quand on a attendu une demi-heure pour trouver une place assise, on n’a pas envie de se relever. Il manque des places réservées. Scène Shayol, il y a des rangées réservées aux personnes sourdes et malentendantes, pour les conférences traduites en LSF, mais pas une place pour les personnes à mobilité réduite, et c’est bien dommage… Ça ne m’avait pas posé de problème l’an dernier, mais il y avait moins de monde et les gens étaient de fait plus cool. Big up au passage à Eléonore, libraire du Nuage Vert (site de la librairie), pour sa présence auprès d’Adeline, une de ses (très bonnes 😂)  clientes^^

Autre grosse déception de la journée, Tade Thompson, auteur de la trilogie Rosewater (mon avis sur le tome 1 et le tome 2) et de la novella Les meurtres de Molly Southbourne, ne sera finalement pas là. Psychiatre de profession, une garde imprévue a empêché sa venue. J’aurais adoré le rencontrer et échanger sur ses romans…

Les rencontres et dédicaces de la journée :

Ugo Bellagamba pour sa nouvelle dans l’anthologie junior

Ariane Gélinas, après avoir navigué sur son blog et sur la page facebook du collectif Cap sur l’imaginaire dans la soirée précédente, nous avons continué à discuter, comme elle était seule à sa table à ce moment là.

Jacques Barberi pour sa nouvelle dans l’anthologie

Olivier Paquet pour sa nouvelle dans l’anthologie

Michaël Roch pour sa nouvelle dans l’anthologie

Victor Dixen pour sa nouvelle dans l’anthologie junior. On voit qu’on n’est pas dans un festival ou un salon jeunesse, car Victor Dixen était seul à sa table, bien loin des heures de queue que j’avais pu voir de loin à Montreuil !!!

Laurent Genefort pour le premier tome de Spire

Gauthier Guillemin pour son premier roman Rivages, sorti la veille

Silène Edgar pour sa nouvelle dans l’anthologie, son roman Pour un sourire de Milad (ma chronique), mais aussi Ce caillou dans ma chaussure (mon avis), court roman, que j’avais en double exemplaire, pour l’avoir déjà offert autour de moi… Un agréable moment d’échanges sur Milad et Ce caillou dans ma chaussure, entre autres…

Les conférences et tables rondes auxquelles j’ai assisté :

La fantasy peut-elle apporter un nouveau regard politique ? avec Jo Walton, Delia Sherman et Ellen Kushner, modéré par Nabil Ouali. Un trio d’autrices passionnantes et passionnées, explorant les représentations politiques de la fantasy, les comparants avec celles de notre monde…

La méthode scientifique, diffusion en direct de l’émission de France Culture présentée par Nicolas Martin (par ailleurs auteur d’une nouvelle de l’anthologie !). Une fois de plus aux Utopiales, je me prends à suivre et apprécier des conférences, tables rondes et même des émissions parlant de sciences. Allergiques aux sciences pendant très longtemps, je me soigne avec la science-fiction 😂


Samedi 2 novembre

Honnêtement, si je suis revenue de bonne heure ce matin, c’est pour la table ronde sur la littérature jeunesse. Qui a lieu en même temps que L’observatoire de l’Imaginaire, tant pis pour cette année ! Je suis tellement crevée de la journée d’hier que j’hésite à repartir après, pour éviter la foule. Mais à force de croiser des têtes connues, de discuter cinq minutes par ci par là, la matinée passe, je me remotive pour aller faire signer deux trois livres, et j’espère bien pouvoir rencontrer Jo Walton ! L’organisation a décidé de fermer la billetterie de 14h à 18h, rendant l’atmosphère plus respirable qu’hier… et la conférence de 19h, Mon corps mon choix, me fait de l’oeil, ainsi que la remise des prix… Une longue journée où j’ai en vain tenté d’assister à deux séances de cinéma, et qui s’est terminée tard, même si je suis restée assez peu au cocktail de la remise des prix.

Ce matin en arrivant, j’ai fait deux achats de plus, prévus mais différés des fois que je ne reste pas jusqu’au samedi :

 

Les rencontres et dédicaces de la journée :

Etienne Barillier et Cécile Duquenne, pour Les brigades du Steam, rencontrés par hasard sur le stand ActuSF, ce qui m’évitera de faire la queue dans la librairie plus tard dans la journée…

Christian Léourier, pour Helstrid et sa nouvelle dans l’antho, (avant qu’il reçoive son prix Utopiales le soir même), toujours aussi en retrait, mais j’apprendrais quand même que le tome deux de La lyre et le glaive est en voie d’achèvement^^

Sylvie Denis, pour sa nouvelle dans l’antho, sur la crypto-monnaie, toujours aussi souriante et avenante.

Jean Baret, pour les deux premiers tomes de la trilogie Trademark, Bonheur™ et Vie™, distant comme beaucoup d’auteurs anglo-saxons. On a quand même pu échanger sur le premier tome qui m’avait scotchée…

Jo Walton, enfin !!! Après avoir renoncé hier à cause de la foule, j’ai enfin pu la voir, avec la complicité des libraires, qui m’ont indiqué où ils allaient l’installer avant de mettre la pancarte, et m’ont prêté une chaise. Je lui avait apporté Pierre de vie, Morwenna (ma chronique), sans oublier sa nouvelle de l’antho ! On a reparlé de la dernière fois qu’on s’étaient vues, il y a plus d’un an, à Saint Malo, où je lui avais fait dédicacer un exemplaire de Morwenna pour ma petite nièce qui venait de naître, une petite Morwenna. Elle s’en est souvenu et m’a dit qu’elle avait depuis signé une autre fois pour une Morwenna, aussi en Bretagne ! C’était pourtant une princesse galloise… mais comme Jo me l’a dit un peu tristement, elle ne dédicace jamais au Pays de Galles, il n’y a pas de festival de littérature imaginaire et même quasiment plus de librairies. Même celle du roman a fermé il y a des années… Encore un très bon moment avec cette autrice adorable et passionnante.

Les conférences et tables rondes auxquelles j’ai assisté :

La littérature jeunesse a-t-elle ses codes ? avec Silène Edgar, Ange et Victor Dixen. J’y ai découvert ce dernier, qui m’avait butée contre lui à la lecture du quatrième tome de Phobos… j’ai failli aller acheter son dernier titre Cogito ! Passionnant en tout cas d’écouter des autrices passionnées (on va dire que le féminin l’emporte, elles sont plus nombreuses^^) raconter les rencontres avec leurs lecteurs, la quasi-absence d’auto-censure, les différences entre écrire pour la jeunesse et les adolescents…

Mon corps, mon choix avec Ada Palmer, Li-Cam et Guillaume Durand, modéré par Ophélie Bruneau, devant une salle archi-comble ! Le sujet était apparemment très attendu, ce qui a un peu effrayé Ophélie, qui a eu du mal à se lancer, mais s’en est finalement très bien sortie, comme on a pu en parler après… Ada Palmer a été incroyablement passionnante, et elle maîtrise parfaitement son sujet, aussi bien sur l’histoire que sur la biologie, ce qui a eu l’air d’irriter légèrement Guillaume Durand, médecin, qui a sur certains sujets absolument voulu avoir le dernier mot, notamment en matière de génétique, démontrant par l’exemple la difficulté de certains à revoir le système de valeur culturelles en vigueur aujourd’hui encore. Li-Cam, bien qu’un peu plus en retrait, a aussi eu des propos très intéressants sur le droit pour une femme de ne pas avoir d’enfants, et sur le handicap et la maternité. Bref, une table ronde animée, qui s’est efforcée de déconstruire quelques valeurs patriarcales, remettant non seulement les femmes, mais aussi tous les genres, au centre du débat.

Cérémonie de remise des prix présentée par Jérôme Vincent

Le prix Utopiales a été remis à Christian Léourier pour Helstrid, paru dans la collection Une heure lumière du Bélial. Un prix amplement mérité, j’avais adoré le premier tome de son diptyque de fantasy La lyre et le glaive (mon avis), et Helstrid aussi d’ailleurs, dont la chronique arrive bientôt^^

Le prix Verlanger, remis le vendredi, a aussi éé attribué à un roman de la collection Une heure lumière, Les meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson, dont on regrette l’absence imprévue… J’ai adoré cette novella fantastique/horreur, dont la chronique arrivera elle aussi prochainement (on y croit, s’il vous plait 😂)

Le palmarès complet est par ici 🏆


Dimanche 3 novembre

La fatigue se fait vraiment sentir en ce dernier jour, d’autant plus que je voulais être là pour la conférence de 9h30 sur la grammaire inclusive. Et même si je suis partie assez rapidement, la remise des prix et son cocktail font que je suis rentrée tard…

Les rencontres et dédicaces de la journée :

Même si j’ai acheté le quatrième tome de Midnight Tales, la collection dirigée par Mathieu Bablet chez Ankama, il était impossible de l’approcher pour une dédicace…

Les conférences et tables rondes auxquelles j’ai assisté :

Grammaire inclusive avec Ketty Steward, Sara Doke et Baptiste Beaulieu, modérée par Jérôme Vincent. L’utilisation de la grammaire inclusive est-elle la seule, ou la meilleure façon de ne mettre aucun genre de côté ? Baptiste Beaulieu, après avoir tenté sur son blog son utilisation, a, devant les nombreuses réflexions, choisi de ne plus utiliser que le féminin dans ses billets. J’adore l’initiative ! Au-delà de ça, il est vrai que si la question de l’inclusion se pose en français, langue très genrée, elle est moindre, voire absente dans d’autres langues, ce qui pose parfois des difficultés aux traducteurs.

Les codes de l’uchronie avec Pierre Bordage, Bertrand Campeis et Jo Walton, modéré par Ugo Bellagamba. Jo Walton et Pierre Bordage ont évoqué leur expérience de création d’un univers uchronique, tandis que Bertrand Campeis apportait son expertise sur le sujet (il est l’auteur avec Karine Gobled d’un Guide de l’uchronie et a dirigé plusieurs anthologies uchroniques chez Rivière Blanche), aidé au milieu de la table ronde par Karine Gobled, assise au premier rang et que Ugo Bellagamba a invitée a rejoindre la scène.


Bilan

Quatre jours intenses, notamment à cause de la foule, mais très riches en belles rencontres et en tables rondes et conférences de qualité. La déception de l’absence de Tade Thompson a été largement contrebalancée par les échanges avec Jo Walton, entre autres. Revoir Silène Edgar et Mélanie Guyard a été un réel plaisir, mais aussi rencontrer Ariane Gélinas et tant d’autres… Une mention spéciale à Allan, Adeline et Eléonore, compagnons de salon, et je vais m’arrêter là avant d’essayer d’être exhaustive et d’oublier quelqu’un. Une chose est sure, il y a de fortes chances que je retourne aux Utopiales l’an prochain !

Et vous, vous avez des salons/festivals chouchous ?

3 réflexions sur “Utopiales 2019 – Bilan

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