American Elsewhere - R J Bennett

American Elsewhere – Robert Jackson Bennett – #RLN2018

American Elsewhere - R J Bennett

American Elsewhere est un roman de Robert Jackson Bennett, publié le 26 septembre 2018 chez le tout nouveau label Albin Michel Imaginaire, dans une traduction de Laurent Philibert-Caillat. Il s’agit d’ailleurs d’une de leurs trois premières parutions, parée d’une couverture illustrée par Aurélien Police.

Résumé :

Veillée par une lune rose, Wink, au Nouveau-Mexique, est une petite ville idéale. À un détail près : elle ne figure sur aucune carte. Après deux ans d’errance, Mona Bright, ex-flic, vient d’y hériter de la maison de sa mère, qui s’est suicidée trente ans plus tôt. Très vite, Mona s’attache au calme des rues, aux jolis petits pavillons, aux habitants qui semblent encore vivre dans l’utopique douceur des années cinquante. Pourtant, au fil de ses rencontres et de son enquête sur le passé de sa mère et les circonstances de sa mort (fuyez le naturel…), Mona doit se rendre à l évidence : une menace plane sur Wink et ses étranges habitants. Sera-t-elle vraiment de taille à affronter les forces occultes à l’oeuvre dans ce lieu hors d Amérique ?

Avis :

Pour le lancement de leur nouvelle collection, Albin Michel Imaginaire, les éditions Albin Michel ont mis les petits plats dans les grands… Deux premiers tomes de duologies, Anatem de Neal Stephenson et Mage de bataille de Peter A. Flannery, le premier étant réputé intraduisible, ainsi que le pavé dont nous allons parler ici, beau bébé de près de 750 pages, American Elsewhere. Sans compter le Guide des genres et sous-genres de l’imaginaire, rédigé de main de maître par Apophis, du blog Le culte d’Apophis, bien connu des amateurs d’imaginaire. Ce guide est disponible exclusivement en version numérique, et, cerise sur le gâteau, il est gratuit ! Vous pouvez le trouver sur un grand nombre de plateformes de téléchargement, notamment emaginaire.com ou encore leslibraires.fr. Il existe aussi un livret regroupant des extraits de ces premiers titres, que vous trouverez sur les mêmes plateformes…

Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire - Apophis  Albin Michel Imaginaire extraits lancement collection

Un démarrage en fanfare pour une collection dont, comme beaucoup d’autres lecteurs amateurs de « mauvais genres », j’attends beaucoup. Elle est en effet dirigée par Gilles Dumay, auparavant notamment créateur et directeur de la collection de Lunes d’Encre chez Denoël… Deux autres titres viendront compléter ce lancement fin octobre, le deuxième tome d’Anatem, ainsi que Les étoiles sont Légion de Kameron Hurley.

Revenons vers le roman qui nous intéresse aujourd’hui… ce pavé qui se dévore en un rien de temps, tellement il est addictif. Cependant, ne vous attendez pas à plonger dans une intrigue haletante et palpitante dès les premières pages. C’est beaucoup plus insidieux que ça.

Au début, on suit Mona, une femme qui en a bavé, et qui se dit que pour une fois elle a de la chance. Sa mère, décédée depuis longtemps déjà, lui lègue une maison dans une petite ville du Nouveau-Mexique. De quoi enfin se poser et couler des jours paisibles… ou pas.

Petit à petit, par quelques mots, une situation, juste une sensation parfois, l’auteur sème des graines dans son roman et dans notre cerveau. Des graines qu’on ne remarque pas forcément toutes à la lecture, mais dont on se dira plus tard « mais c’est bien sûr, il nous avait prévenus^^ ». Des graines qui vont pousser au fur et à mesure que la lecture avance, jusqu’à devenir bizarres, angoissantes, malaisantes même parfois. Mona est persuadée d’avoir déjà traversé cette vallée qui n’en finit plus, comme si le paysage se dépliait au fur et à mesure qu’elle avance. Ou encore : « Vous jouez souvent seul ? » demande Mona. Il lève les yeux, surpris. « Seul ? » Puis il sourit et rit, comme si c’était la meilleur blague du monde. « Ah, je vois. Seul… très drôle. »

Le roman est divisé en plusieurs parties, la première étant d’ailleurs très justement nommée « Prêtez attention »… La deuxième, elle, a pour titre « Coucou voisine », et nous plonge dans la vie quotidienne de Wink aux côtés de Mona. Je ne vous donnerai pas tous les titres de ces parties, pour ne pas vous divulgacher des éléments de l’intrigue. Mais même eux sont parfois étranges.

Petit à petit, je me suis laissée prendre dans l’engrenage de ce roman. Et j’y ai laissé quelques heures de sommeil ! A partir du moment où l’auteur commence à nous révéler ce qui se passe à Wink, il devient de plus en plus difficile de lâcher le livre. Qui pèse pourtant son poids, surtout en fin de journée… et à bout de bras. Car oui, merci Albin Michel Imaginaire, mais à force de vouloir continuer à lire en étant fatiguée, je me suis rendu compte que je devenais presbyte parce que mes bras fatiguaient 😂 C’est sympa de me rappeler ma vieillerie !!!

Des parallèles ont été faits entre la plume de Robert Jackson Bennett et d’autres auteurs, Stephen King pour ne citer que lui, et c’est vrai qu’on peut y retrouver cette ambiance qui va de « tout va bien » à « rien ne va plus », en passant par « y’a un truc qui cloche », si vous voyez ce que je veux dire. Il y a un autre auteur qui me vient immédiatement à l’esprit, mais si je vous le cite, je vous en dis déjà beaucoup trop sur l’intrigue. Il faudra lire le roman pour le découvrir.

Mais Robert Jackson Bennett n’a pas besoin qu’on insiste sur ces similitudes. Il a son style, affirmé et addictif. Des chapitres jamais très longs, parfois extrêmement courts, des phrases qui ne s’encombrent pas de superflu, des dialogues qui rythment le récit… et pour autant, il prend le temps de nous décrire certains personnages, certains paysages. Mais le plus fort, c’est d’arriver à nous faire voir ce qu’il ne décrit pas, ou de nous permettre de visualiser des éléments qui nous sont tout à fait étrangers. Non seulement ce roman est addictif, mais il est aussi très visuel. J’ai l’impression d’avoir vu des photos de Wink et de la mesa. Et je dois reconnaître que l’illustration de couverture d’Aurélien Police ressemble bien à ce que j’imagine être l’arrivée à Wink. Une route droite mais pas linéaire, un effet de flou… l’impression de changer de monde.

Je tiens aussi à souligner que si j’ai apprécié le style du roman, la traduction de Laurent Philibert-Caillat n’y est pas pour rien. Il a su rendre en français ce qui sortait du cerveau de l’auteur, et bravo pour ça, parce que le moins qu’on puisse dire, c’est que Robert Jackson Bennett a une sacré imagination. Et ne manque pas d’humour par moment.

American Elsewhere est un roman où nombre de lecteurs pourront trouver leur compte. Il y a du suspense, de l’angoisse, du fantastique, de l’action et de l’humour parfois… et le tout se marie à merveille. Pour une première lecture dans cette nouvelle collection, c’est une très belle découverte, un thriller fantastique comme je les aime, extrêmement bien construit, du début à la fin, et on ne voit vraiment pas passer les 750 pages !

Si vous voulez découvrir un extrait du roman avant de vous lancer, c’est par ici… ou dans le livret de présentation de la collection dont je vous ai parlé plus haut !

Albin Michel Imaginaire

J’ai reçu la version papier de ce roman de la part des éditions Albin Michel Imaginaire. Merci à eux pour la confiance, et particulièrement à Eva pour la persévérance pour que je puisse finalement découvrir ce titre !!!

2 réflexions sur “American Elsewhere – Robert Jackson Bennett – #RLN2018

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.