Embruns - Louise Mey

Embruns – Louise Mey

Embruns - Louise Mey

Embruns est un roman de Louise Mey, publié en 2017 chez Fleuve Noir, et en mai 2018 chez Pocket pour mon édition.

Résumé :

Béa, Chris et leurs deux rejetons de presque vingt ans sont charmants, sportifs, talentueux et, surtout, ils forment une équipe complice.
Voilà une famille qui a le bon goût dans le sang, chérit les matières nobles, les fruits du marché, le poisson jeté du chalutier, la tape amicale dans le dos des braves. Voilà une team unie qui porte haut les valeurs d’authenticité, d’équité, d’optimisme. Les Moreau – c’est leur nom – ne perdent pas une miette de leur existence. Ils sont insupportablement vivants.
Et comme le veut l’adage, les chiens ne font pas des chats : Marion et Bastien sont les dignes héritiers de leurs parents. Ils ne les décevront pas.
Pour l’heure, tous les quatre se sont réfugiés le temps du pont du 14 Juillet sur une île de Bretagne. Un coin de paradis si prisé qu’il est impossible d’y séjourner sans passe-droit. Mais, même l’espace d’un week-end, impossible n’est pas Moreau.
Seulement, quand au retour d’une balade Béa, Chris et Bastien trouvent la maison vide, la parenthèse enchantée prend soudain l’allure d’un huis clos angoissant. La petite île, devenue terrain boueux d’une battue sous la pluie pour retrouver Marion, va révéler un autre visage : celui d’une étendue de terre entourée d’eau où vit une poignée d’individus soudés comme des frères et aguerris aux tempêtes.

Avis :

Le chapitre d’ouverture du roman place tout de suite l’ambiance. Une femme est séquestrée dans une pièce vide. On comprend rapidement qu’elle est torturée et violée. Et puis, au chapitre suivant, on est sur la route avec les Moreau qui partent passer le week-end en Bretagne… tout va bien pour eux, la vie est belle, ils sont heureux et en bonne santé, l’ambiance est au beau fixe.

Où est passée cette jeune femme séquestrée du premier chapitre ? Cette question m’est restée dans la tête longtemps pendant ma lecture. De la même manière que la quatrième de couverture nous annonce clairement que Marion va disparaître, et que de ce fait, tout le début du roman est sous tension. Quand ? Qui ? Pourquoi ? Inutile de vous dire que certaines de ces interrogations vont rester un bon moment sans réponses.

Je me suis laissée embarquer dans cette histoire très bien ficelée. Le style de Louise Mey est addictif, des phrases courtes, épurées, des chapitres qui s’enchaînent à toute vitesse, quelques pages à peine. Résultat chez moi, le fameux syndrome du « allez, encore un chapitre et j’arrête ! », maladie de lecteur qui l’entraîne à des nuits courtes et des cernes sans fin 😂

Pourtant, j’ai eu de nombreuses fois envie de claquer les personnages. Bastien et Marion sont censés être de jeunes adultes et ils se comportent comme des gamins pourris gâtés (qu’ils sont, d’ailleurs). La famille Moreau est une caricature de la famille parfaite, caricature parfaitement assumée par l’autrice qui joue à fond cette carte. Résultat, je n’ai éprouvé aucune empathie pour eux, malgré la disparition de Marion et ce qui s’en suit.

Et c’est sans compter sur les îliens, pour lesquels Louise Mey entasse et superpose (oui je sais c’est redondant, mais c’est voulu tant les exagérations sont flagrantes) les clichés sur les marins bretons isolés sur leur île, et vivant en autarcie, sans contact ou presque avec l’extérieur, qui ne laissent quasiment pas venir les étrangers, qui vivent entre eux. On frôle l’overdose !

Louise Mey, avec des personnages auxquels je ne me suis pas attachée, et des énormités qui m’ont fait lever les yeux au ciel, arrive, par le biais de son audace a me faire dire une fois le livre terminé que c’était quand même une sacré expérience. Avec un peu plus de nuances, au moins sur certains points, ce livre aurait pu être un coup de cœur. Même si je comprend les intentions de l’autrice et sa volonté de nous perdre en rendant les personnages aussi détestables les uns que les autres, à un moment, la caricature, trop c’est trop !

C’est étrange de dire que j’ai pris une claque avec un livre qui m’a souvent exaspérée, mais c’est pourtant le cas. J’ai aimé le style incisif, rentre dedans de l’autrice. Je suis restée scotchée par certaines révélations (j’y pensais mais n’osais y croire). Mais les personnages dans leur ensemble étaient beaucoup trop pétris de clichés pour être crédibles et donner à ce roman l’effroi que j’aurai aimé ressentir tout du long de ma lecture.

Ce roman m’a été envoyé par Pocket, pour le Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2018, dont je suis membre du jury. Merci à eux pour l’envoi.

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