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Editions Critic – Rencontre avec Simon Pinel, responsable éditorial – #plib2018

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Dans le cadre du Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubersapp, les jurés ont eu l’occasion de pouvoir interviewer des auteurs et éditeurs de titres présélectionnés. Cet entretien est le premier d’une petite série… J’ai choisi de me rendre chez les éditions Critic, car ils sont rennais comme moi, ce qui permettais une rencontre en face à face, plus agréable qu’un échange de mails ! Vous allez donc pouvoir découvrir ci-dessous un résumé de cette rencontre de près d’une heure (merci encore à Simon Pinel pour sa disponibilité). Installez-vous confortablement, prenez-vous un truc à boire, je vous préviens, c’est beaucoup (beaucoup) plus long que d’habitude !!!

Simon Pinel - Editions Critic

Bonjour, et merci d’avoir accepté de prendre du temps pour me recevoir. Pour commencer, j’aimerais revenir sur la création de la maison d’édition. Comment est venue cette idée ? Pourquoi devenir éditeurs en plus d’être libraires ?

Cette création est venue d’une rencontre entre Eric (Marcelin), Xavier (Dollo) et moi. Eric, qui a créé la librairie Critic, et Xavier, libraire, étaient déjà démangés par cette envie. Je terminais mes études dans l’édition, et je rêvais d’ouvrir une maison d’édition. De plus, adosser une maison d’édition à une librairie fait partie de la culture française, comme L’Atalante par exemple. Nous avions envie de soutenir et défendre des auteurs français. Critic éditions est née fin 2009. Depuis, Xavier est parti vers de nouvelles aventures, d’éditeur et d’auteur, chez Critic notamment.

La maison d’édition et la librairie pourraient-elles vivre indépendamment l’une de l’autre ?

C’est un peu compliqué à savoir, étant donné que chez Critic, tout est mis en commun, les fonds comme le personnel ! Ici, tout le monde s’occupe aussi bien de la librairie que de la maison d’édition. Il n’y a que moi qui suis normalement spécifiquement rattaché à la maison d’édition. Encore que, regardez, cette semaine, je suis deux jours en librairie. Il est certain qu’on ne pourrait pas se permettre d’être cinq sur deux structures séparées. Il y aurait aussi sûrement moins de publications. La création de la maison d’édition s’est appuyée sur l’image de marque et le réseau de la librairie. Critic, c’est une entité, et nous y tenons.

Au départ, comment avez-vous conçu votre ligne éditoriale ?

Eric et moi sommes de grands fans de la défunte collection Anticipation de Fleuve Noir. Nous avions envie de quelque chose qui y ressemble… Les premiers livres nous sont arrivés via notre réseau. Le tout premier, le premier tome du diptyque Le sabre de sang, est signé Thomas Geha, alias Xavier, le libraire ! Puis est venu Lionel Davoust, qui était un de nos clients, avec La volonté du dragon. Et enfin, pour cette première année, David Khara, lui aussi un auteur local, avec Le projet Bleiberg, un thriller qui devait être suivi de deux autres. C’est le succès de ce livre qui a permis de très vite nous faire connaître.

Le sabre de sang 1 - Thomas Geha  La volonté du dragon - Lionel Davoust  Le projet Bleiberg - David Khara

Que vous apporte le fait d’être libraire/éditeur ?

Cela nous permet déjà de voir ce qui se vend ! Chez nous, mais aussi et surtout chez la concurrence. On voit ce qui permet à un titre de sortir du lot, de par les ventes, mais aussi grâce au retour des clients. On a toujours des doutes quand on est éditeur. La librairie nous permet d’avoir quelques certitudes. Nous n’hésitons pas à solliciter l’avis de nos clients. Par exemple, on hésitait entre deux visuels pour la couverture de l’intégrale de Dominium Mundi, du coup on a fait un sondage en librairie auprès de nos clients.

Si je ne trouve pas vos livres chez mon libraire habituel, vous préférez que je lui demande de les commander, ou que je les commande directement sur votre site internet ?

Le mieux, c’est toujours de commander chez son libraire. Il faut faire vivre les librairies. Et ça permet au libraire de découvrir nos titres ! Si vous devez commander sur internet, on préfère bien sûr que ça soit chez nous plutôt que chez les gros… Mais il faut faire vivre vos librairies, privilégier les librairies de proximité.

Vous avez participé au lancement de l’Appel de l’Imaginaire, en mars 2017, qui s’est poursuivi par Le mois de l’Imaginaire et Les Etats Généraux de l’Imaginaire en octobre aux Utopiales. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Tout est partie d’une envie commune aux éditeurs de l’Imaginaire, gros comme petits, de dire l’existence de l’Imaginaire en romans. Elle est acquise pour tout le monde en ce qui concerne les BD, comics… mais les romans de l’Imaginaire ne sont pas reconnus à leur valeur, comme les romans de blanche, par exemple. On se trouve dans la situation qu’a pu connaître le polar encore récemment. L’Imaginaire est un « mauvais genre ». On avait envie de faire sortir l’imaginaire de son carcan. Le fait d’être une littérature de niche peut être confortable, apprécié, mais on aimerait que les littératures de l’Imaginaire soient reconnues à leur juste valeur.

On voulait voir aussi, si on était capables de travailler ensemble, car il y a quelques grosses structures concurrentes (Bragelonne, Folio SF…), mais aussi beaucoup de petites maisons d’édition. Il y a eu la mise en place du Mois de l’Imaginaire, en octobre. Pour les gros éditeurs, c’était plus une opération commerciale. Pour nous, plus petits, c’était l’occasion d’une présence plus importante en librairie et dans la presse. On voulait aussi faire un constat de la situation, chiffres à l’appui. On a eu très peu de temps pour pour préparer la première édition des Etats Généraux de l’Imaginaire, pour récolter des chiffres. Ce qui va être important maintenant, c’est de renouveler avec une deuxième édition, avec plus de temps, plus de chiffres, de pouvoir voir l’évolution, et surtout de pérenniser ces actions dans le temps.

J’aimerais qu’on revienne vers Critic, et les deux romans présélectionnés pour le PLIB 2018. Tout d’abord, que pensez-vous de ce nouveau prix littéraire ?

Voir arriver un nouveau prix littéraire n’est plus pour nous une surprise en soi. Les prix se multiplient ces dernières années. Il existe d’ailleurs déjà des prix de blogueurs dans le domaine de l’Imaginaire (Prix des blogueurs PlanèteSF). Mais ça ne veut pas dire que ça ne nous fait pas très plaisir de voir deux de nos titres dans la présélection. Ce sont deux romans qui se sont déjà distingués par ailleurs, et on est toujours très contents de les voir sur une liste de prix. Maintenant, il faut être honnête, très peu de prix littéraires ont un impact sur les ventes. A part le Grand Prix de l’Imaginaire, et dans une moindre mesure le Prix des Imaginales…

Quelle est l’importance que vous accordez aux avis des lecteurs, notamment des blogueurs/booktubeurs ? Qu’est-ce qui joue sur les ventes ?

En tant que libraires, nous sommes particulièrement sensibles aux avis de lecteurs, y compris les avis en ligne. Mais nous ne constatons qu’un impact infime de ces avis sur nos ventes. Les seuls avis qui peuvent réellement impacter nos ventes sont ceux de la presse nationale, comme La Grande Librairie ou Telerama, qui sont beaucoup trop rares dans notre domaine. On voit une évolution de la situation au niveau des médias nationaux, notamment grâce à l’arrivée de journalistes avec une culture pop (Le Point Pop, par exemple). Les avis en ligne sont trop dilués dans la masse pour réellement faire grimper nos ventes de manière significative. Le mois de l’Imaginaire a aussi créé une mise en avant intéressante de nos livres.

Quelles relations entretenez-vous avec vos lecteurs ? On a vu que vous sollicitiez parfois les clients de la librairie. Les lecteurs influencent-ils vos choix éditoriaux ?

C’est vrai que le fait d’être libraires nous permet d’entretenir une réelle proximité avec certains lecteurs, voire de les solliciter. Pour nous, l’essentiel de la relation avec les lecteurs se fait sur les salons. C’est toujours important d’avoir des retours. Ça nous permet parfois d’ajuster les choses, en terme de prix proposés notamment. (Sophie : on en reparle plus loin^^)

Les seigneurs de Bohen - Estelle Faye

Concernant Les seigneurs de Bohen, C’est votre première collaboration avec Estelle Faye. Vous pouvez nous raconter comment ça s’est passé ?

On avait en fait une envie commune de travailler ensemble. Estelle nous a présenté un projet qui correspondait à notre ligne éditoriale, et c’était parti, tout simplement. Une fois de plus, c’est une affaire de réseau et de rencontres. Ça a été un plaisir de travailler avec Estelle, qui savait où elle voulait aller. En plus d’être auteure, c’est une grande lectrice de fantasy. Elle a une culture de l’Imaginaire impressionnante. Ça facilite grandement les échanges, on parle de la même chose. Le résultat en est la preuve. D’ailleurs, elle prépare pour 2019 un autre roman qui se déroulera dans le même univers.

J’ai remarqué que les cartes des deux livres ont été réalisées par Roxanne Millard. Elle travaille régulièrement pour Critic ?

Non, ce sont nos deux premières collaborations. Encore une fois le réseau, Roxanne est une cliente. Nous avons été très contents de son travail sur la carte de Bohen, et lui avons confié la cartographie de Rhovelle. Il n’y a pas de carte dans tous nos livres, mais en tant que grand lecteur de fantasy, j’apprécie les cartes. Il n’est pas impossible qu’on en retrouve dans d’autres romans dans le futur…

Carte Bohen ©Critic

©Critic

J’ai été surprise de trouver une carte dans La Messagère du Ciel. Il me semblait avoir entendu Lionel Davoust dire qu’il ne voulait pas qu’Evanegyre soit cartographiée ?

En effet, il ne veut pas d’une carte globale d’Evanegyre, car de nombreux lieux ne sont pour le moment cartographiés que dans sa tête, ou bien ils ne les a pas encore découverts ! Il s’agit ici d’une carte locale, sur laquelle il a beaucoup travaillé avec Roxanne.

Les dieux sauvages tome 1 : La messagère du ciel - Lionel Davoust

Votre deuxième roman présélectionné est donc La Messagère du Ciel, premier tome de Les Dieux Sauvages, de Lionel Davoust. Vous travaillez avec lui depuis longtemps…

Depuis le début ! Lionel est un auteur maison. On le défend depuis son premier roman dans l’univers d’Evanegyre, La volonté du dragon.

Il a publié dans cet univers sous toutes sortes de formats : nouvelle, roman court, roman, saga… C’est un choix qui vient de lui ?

Lionel adapte la longueur de son texte a ce qu’il a à dire. Si une nouvelle suffit, ça sera une nouvelle. A nous de nous adapter. Nous lui avons toujours donné beaucoup de liberté. Je ne pense pas qu’il soit malheureux chez nous !!! Après, parfois les choses évoluent en cours d’écriture, rien n’est figé : Les Dieux Sauvages sera finalement une tétralogie, car le troisième tome était parti pour faire plus de deux millions de signes ! Ça aurait fait un livre énorme, lourd, dont le prix de vente aurait été de 40€. Ce qui n’aurait été bon ni pour nous ni pour les lecteurs. Le tome 2 des Dieux Sauvages va paraître en mars, et le troisième tome est en cours d’écriture.

Une certitude, c’est qu’aucun format n’a été imposé à Lionel Davoust pour des raisons financières. Le nombre de tomes ou le format sont fonction du besoin du texte. Le prix doit correspondre au partage d’une passion commune. C’est à dire convenir au lecteur et à l’éditeur tout en restant rentable. Il ne faut pas oublier qu’un illustrateur,pour une carte, une belle couverture, ça se rémunère, que nous apportons un soin tout particulier aux corrections. Tout cela a un coût, que nous assumons car nous voulons proposer des ouvrages de qualité à nos lecteurs.

Je ne peux qu’être d’accord avec vous sur la qualité et la beauté de vos ouvrages. Je vous remercie beaucoup, Simon Pinel, de m’avoir accordé autant de temps pour cette rencontre.

Et merci à vous si vous avez eu le courage de lire cet entretien jusqu’au bout. N’oubliez pas que Les seigneurs de Bohen d’Estelle Faye et La messagère du Ciel de Lionel Davoust sont tous les deux dans la présélection, et je les ai adorés !

Retrouvez ma chronique de Les seigneurs de Bohen par ici.

La chronique de La Messagère du Ciel, c’est par là !

#ISBN:9782375790069 – #ISBN:9791090648869

 

 

16 réflexions sur “Editions Critic – Rencontre avec Simon Pinel, responsable éditorial – #plib2018

  1. Les Fantasy d'Amanda dit :

    C’est dommage que ma blogosphère n’ait pas une influence significative en fin de compte :/ Enfin, ça reste un coup de pouce toujours apprécié, j’imagine , car c’est grâce à la blogosphère que j’ai découvert Seigneurs de Bohen (pas encore acheté, pas encore lu, mais présent dans ma whislist, et je suis sûre de l’acheter un jour car il m’intéresse beaucoup ;-))

    Aimé par 1 personne

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