Moi ce que j aime c est les monstres - Emil Ferris

Coup de ♥ Roman graphique – Moi ce que j’aime c’est les monstres – Emil Ferris – #RLN2018

Moi ce que j aime c est les monstres - Emil Ferris

Moi ce que j’aime c’est les monstres est un incroyable roman graphique d’Emil Ferris, qui sortira le 23 août 2018 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Une sacré claque !!!

Résumé :

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle en plein cœur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants.

Avis :

Je tiens à remercier les éditions Monsieur Toussaint Louverture, et tout particulièrement Jean-François Sazy, de m’avoir donné accès à l’édition numérique en avant-première afin que je puisse vous en parler. Car quelle incroyable claque j’ai prise avec la lecture de ce roman graphique !!! Les mots me manquent pour décrire mon état pendant, et même après ma lecture. Je vais quand même faire de mon mieux pour vous en parler, et vous donner, j’espère, l’envie de vous précipiter sur ce chef-d’oeuvre.

Tout d’abord, parlons de l’objet en lui -même. Je n’ai pas eu la chance de l’avoir entre les mains, mais le travail sur la traduction, la mise en page et le lettrage est exceptionnel. Pour plus de détails sur le livre et les personnes ayant participé à sa version française, vous pouvez cliquer sur l’image ci-dessous pour l’agrandir, comme sur toutes les autres images de cet article :

page remerciement emil ferris

Cette lecture a été l’occasion pour moi de découvrir cette incroyable artiste qu’est Emil Ferris. A quarante ans, elle élève seule sa fille de six ans, vivant de jobs alimentaires et de quelques illustrations en free-lance, quand elle se fait piquer par un moustique le jour de son anniversaire… Des semaines plus tard, les médecins lui annoncent qu’elle ne marchera plus, et surtout qu’elle ne pourra plus se servir de sa main droite, celle qui dessine. Elle refuse ce diagnostic et décide de se battre, quitte à scotcher son stylo-bille à sa main pendant sa rééducation !!! Ci-dessous, un résumé de l’histoire par l’autrice (cliquez pour agrandir) :

©Emil Ferris / MonsieurToussaintLouverture

Elle s’inscrit au Chicago Art Institute, dont elle sort diplômée. Elle avait déjà depuis longtemps une idée d’histoire qui l’habitait :

©Emil Ferris / MonsieurToussaintLouverture

Six ans de création, 800 pages et 48 refus plus tard, son roman graphique sort enfin chez un éditeur indépendant, Fantagraphics, en février 2017. Dès sa sortie, c’est un succès phénoménal, elle reçoit quantité de prix dont trois prix Eisner, sans compter la reconnaissance immédiate de ses pairs, dont Art Spiegelman (l’auteur de Maus) pour ne citer que lui.

Il faut dire que ce « Livre premier », beau bébé de 400 pages, est sublime. Je suis ébahie par la technique au stylo-bille de l’autrice. Quand mes ados ont regardé par-dessus mon épaule (oui ça arrive parfois quand je lis des BD^^), elles n’ont pas voulu croire que ce qu’elles voyaient n’était « que » du stylo. Il faut avouer qu’il est difficile d’imaginer le stylo qui traîne au fond de mon sac donner ce résultat :

Emil Ferris - Extrait 1

©Emil Ferris / MonsieurToussaintLouverture

Et pourtant, le matériel d’Emil Ferris se résume à ça :

©Emil Ferris / MonsieurToussaintLouverture

Au-delà de son trait absolument incroyable de détails et de jeux d’ombres et de lumières, l’histoire que nous raconte l’autrice est magnifique, et très touchante. Elle nous parle de liberté, de la difficulté d’être soi. Elle nous parle à tous, qui que nous soyons, elle ne laisse personne de côté. Karen est une petite fille impressionnante de maturité et d’inventivité. Elle se prend pour un loup-garou et est amoureuse d’une de ses camarades de classe. Ce sont ses carnets que l’on découvre dans ce livre… L’expression roman graphique y prend toute son ampleur, car Emil Ferris réinvente les codes de la bande-dessinée pour qu’ils correspondent à ce qu’elle souhaite raconter, et non l’inverse. Le texte tient une place centrale, au même titre que les dessins. Le travail d’adaptation et de lettrage est d’ailleurs remarquable !

Emil Ferris - Extrait 2

©Emil Ferris / MonsieurToussaintLouverture

Sur l’image ci-dessus, un exemple d’une des nombreuses couvertures de magazines d’horreur  de la fin des années 60 que Karen lit et recopie dans son carnet. Vous pouvez aussi y découvrir le portrait d’Anka et de son chat. Anka meurt au début de l’histoire, et Karen décide de mener l’enquête, car elle ne croit pas la police qui conclut à un suicide. Elle va remonter le fil de la vie d’Anka jusqu’en Allemagne nazie dans les années 30 et 40. Une histoire horriblement effrayante, un témoignage poignant que je vous laisserai découvrir plus en détail dans le livre. En menant cette enquête, Karen est amenée à côtoyer toutes sortes de personnages plus bizarres les uns que les autres, certains très inquiétants. Il faut dire qu’elle vit dans un quartier populaire de Chicago à la fin des années 60, et que le quotidien n’est pas toujours simple.

J’adore la manière dont Karen se représente dans ses carnets, en fille-loup-garou. J’ai aussi complètement craqué pour les représentations des tableaux du musée où son frère l’emmène régulièrement, qui nous démontrent une fois de plus, s’il en était encore besoin, le talent d’Emil Ferris :

Emil Ferris - Extrait 4

©Emil Ferris / MonsieurToussaintLouverture

Je pense que vous l’aurez compris aux très (trop) nombreux superlatifs utilisés dans cette chronique, j’ai été scotchée par ma lecture. Les graphismes sont magnifiques, l’histoire incroyable, le sujet traité avec énormément de justesse, les thèmes abordés variés et trop souvent sous représentés dans la littérature, le texte et les dessins sont en harmonie parfaite… et je crois n’avoir jamais vécu une lecture graphique aussi intense. Quand j’étais dans le monde de Karen, la Terre aurait pu s’écrouler, je n’étais là pour personne.

Je ne peux que vous conseiller de vous précipiter le 23 août chez votre libraire, et de le harceler jusqu’à ce qu’il mette ce chef-d’oeuvre en vente s’il ne l’a pas en stock, ou de le commander sur le site de Monsieur Toussaint Louverture. C’est pour moi LE livre de la rentrée littéraire à ne pas manquer. J’espère qu’il aura en France le même succès qu’outre-atlantique, car il le mérite amplement, d’autant que le travail de traduction et d’adaptation sont remarquables (je l’ai déjà dit je crois, non ?).

Merci encore aux éditions Monsieur Toussaint Louverture de m’avoir fait confiance et de m’avoir permis cette découverte incroyable. Toutes les images de cet article sont la propriété d’Emil Ferris et/ou des éditions Monsieur Toussaint Louverture.

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