Le joueur d’échecs – Stefan Zweig

Le joueur d'échecs - Stefan Zweig

Le joueur d’échecs est un roman de Stefan Zweig, qui paraît pour la première fois en Suède en 1943 à titre posthume, l’auteur s’étant suicidé l’année précédente avec sa femme. Texte testament, confession, en tout cas texte à multiples interprétations, toujours servi par l’incroyable plume de l’auteur. Cette édition est celle de Stock, dans leur collection La cosmopolite, parue en 2000.

Résumé :

« Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d’échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d’échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire… Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s’est donné la mort l’année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d’homme et d’écrivain. Le joueur d’échecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance. »

Avis :

Le narrateur est un homme qui, au moment d’embarquer sur le paquebot qui l’emmènera de New-York à Buenos Aires, s’aperçoit qu’il fera le voyage notamment en compagnie du très mystérieux Czentovic, champion du monde d’échecs. Sa curiosité va l’amener à trouver tous les moyens de l’approcher et mieux le connaître, y compris, et surtout, à travers le jeu d’échecs.

Entre alors dans la danse Monsieur B., qui semble être un excellent joueur, mais ne souhaite pas prendre part aux « réjouissances ». Le narrateur, qui pourrait tout à fait être l’auteur au bout du compte, va découvrir à travers l’histoire de ce Monsieur B. les affres du nazisme, et les moyens qu’il a trouvé pour rester libre dans sa tête, et résister aux tortures et privations.

Ce livre m’apparaît comme particulier dans la biographie de Stefan Zweig, car très personnel. On y est au cœur de ses réflexions sur le délitement du monde qui a suivi la montée du nazisme. Au cœur de cette horreur qui le précipitera vers la mort. Mais lui, contrairement à de nombreux juifs, choisira cette mort, accompagné de sa femme dans cet ultime élan de désespoir.

Savoir cela donne une puissance incroyable à ce texte, le rend particulièrement marquant. Il amène une foule de réflexions et d’interprétations, et pas seulement à mon humble niveau, il suffit de jeter un œil sur internet.

Comme à chaque fois, la plume de l’auteur est magnifique, à la fois simple, dépouillée, et pleine de poésie. L’autre jour, comme je le lisais sur la plage, une jeune ado de mon entourage s’est approchée et m’a dit : « Je l’ai lu au collège, j’ai adoré ». Quelle plus belle récompense pour un auteur classique ?

Une fois de plus une lecture belle et forte, une rencontre réussie avec l’oeuvre de Stefan Zweig. Je n’ai qu’une envie, être déjà à notre prochain rendez-vous.

Je lui ai mis 19/20.

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