Kallocaïne – Karin Boye

Kallocaïne - Karin Boye

Kallocaïne est un roman de Karin Boye, publié pour la première fois en Suède en 1940. Mon édition est celle de 2017 de chez Hélios/Les Moutons Électriques, qui est une nouvelle traduction intégrale de Leo Dhayer. Je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté de ce classique de la dystopie…

Résumé :

Fondé sur la surveillance des uns par les autres, la force de l’état mondial est d’avoir érigé la délation, acte civique. Aussi l’ingénieur Kall n’a-t-il aucun mal à se persuader que sa découverte — une drogue de vérité à laquelle il donne son nom — servira un état qui pourchasse sans pitié toute forme d’individualisme. Le viol cérébral qu’il commet sur Linda, son épouse, mettra le doute dans son esprit. Il fera siens aussi les secrets qu’accusés ou suspects soumis à interrogatoire délivrent avec sérénité, comme si, soudain délivrés de l’angoisse, ils retrouvaient leur âme. Contraintes de se libérer du silence, les consciences vont se défaire dans un tissu de révélations qui mettront en péril l’organisation de l’état.

Avis :

Dans la veine des autres romans dystopiques classiques de la première moitié du XXème siècle, on est dans un monde où l’Etat Mondial a un œil et une oreille partout, jusque dans les chambres. Un monde où on évite de parler quand on se trouve dans un endroit où les micros ne captent pas de peur d’être accusé de complot, de trahison.

J’ai été agréablement surprise par le style d’écriture. J’avais peur d’un roman vieillot, ou du moins qui aurait mal vieilli. Mais non, le style est fluide et contemporain (merci au traducteur, je pense), et l’intrigue est toujours autant d’actualité.

On peut bien sûr, vu la date de rédaction, y voir une critique du régime de l’URSS, mais on peut aussi y trouver des résonances avec notre quotidien. Avec ces webcams qui se déclenchent seules, avec tous les travaux de recherche sur le cerveau humain.

On est plongé dans la tête de Léo Kall, chimiste créateur d’un sérum de vérité, qu’il a nommé Kallocaïne. Une drogue qui, il l’espère, améliorera la vie dans la société en repérant les ennemis de l’Etat Mondial, et du coup peut-être même en évitant des guerres.

Cette rédaction à la première personne est totalement immersive, et permet, je trouve, de mieux comprendre pourquoi Léo est si fier de son invention, qui est pourtant d’une violence inouïe pour les personnes qui en sont « victimes ».

Ce roman pourrait paraître un peu simpliste à un lecteur qui ne connaîtrait pas sa date de rédaction. En effet, il s’agit d’une des premières dystopies, et nous croulons ces dernières années sur des sagas du genre dans une escalade de rebondissements pour se démarquer de l’énorme production. Kallocaïne est un roman toujours actuel, et facile d’accès je trouve, pour débuter avec le genre de la dystopie.

Je lui ai mis 18/20.

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3 réflexions sur “Kallocaïne – Karin Boye

  1. Leo Dhayer dit :

    Bonjour. Je suis le traducteur de cette nouvelle version de Kallocaïne, et c’est moi qui vous remercie d’avoir si bien compris ce livre et les intentions que j’avais (le mettre à la disposition d’un public contemporain) en le retraduisant. Je me suis permis de poster votre chronique sur mon blog, avec un lien renvoyant sur le vôtre, j’espère que vous ne m’en voudrez pas. Bonnes lectures à venir… Leo Dhayer

    Aimé par 1 personne

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