Entre courir et voler il n’y a qu’un pas papa – Jacques Gamblin

Entre courir et voler il n'y a qu'un pas papa - Jacques Gamblin

Antre courir et voler il n’y a qu’un pas papa est le troisième roman de l’acteur Jacques Gamblin publié en 2003 aux éditions Le Dilettante.

Résumé :

Go ! C’est parti. Tout commence plutôt bien. Ils sont trois : lui qui conduit, elle qui patiente, et le (ou la) troisième, qui mûrit sagement en elle, à deux doigts d’éclore. Puis survient le bruit. À l’avant, comme tous les bruits. Il s’en soucie. On le rassure. Mais le bruit persiste, s’infiltre en lui. C’est lui le bruit, un bruit dans le grand moteur de l’humanité, une distorsion dans le grand son global. Alors, brusque, il s’y met, il court, sur l’autoroute du week-end, il court à contre-bruit, à perdre haleine, pour se libérer, le lâcher, le dissoudre. Et tous courent avec lui, une meute haletante de sprinters moites qui fraternellement le talonne, marathonne au coude à coude ; et tout en lui remonte, père, élans, mots, images. La course lui monte à la tête, comme l’alcool lui submerge le cœur, à grandes foulées, à belles goulées, il court cul sec, enquille les mètres, les kilomètres au grand comptoir bitumé de l’autostrade intérieure. Jusqu’à la ligne ultime. Court jusqu’à la lie. Là, s’arrête, souffle. Puis repart, purgé, léger, l’âme recarrossée. Go ! C’est reparti ! Vrai derviche-sprinter, Jacques Gamblin avale la voie intérieure en un monologue sans frein, en roue libre, la seule vraie. Entre Courir et voler il n’y a qu’un pas papa a reçu le Grand Prix de Littérature sportive, remis par l’Association des Écrivains sportifs (le premier lauréat fut Frison-Roche en 1943 pour Premier de cordée) et a également été adapté au théâtre par l’auteur seul sur scène.

Avis :

Jacques Gamblin est un acteur que j’aime beaucoup, et j’étais curieuse de le découvrir à l’écrit, qui plus est dans un texte sur le sport, après avoir vu le film « De toutes nos forces » au cinéma, où j’avais découvert un sportif accompli.

Ce long monologue m’a tout d’abord fait un peu peur. Je ne voyais pas où l’auteur voulait en venir. Je voyais juste un homme perdu à l’idée de devenir père, complètement angoissé, qui fuit dans la nuit. Qui fuit et qui court pour faire le point sur sa vie avant le grand saut.

Et petit à petit, la distance avançant, je suis entrée dans sa course folle avec lui. En effet, le roman n’est pas découpé en chapitres, mais en distances. Ce sont les bornes kilométriques de l’autoroute qui jalonnent la lecture, et non juste des numéros. J’ai reconnu beaucoup de choses déjà entendues de la bouche de marathoniens, concernant les sentiments éprouvés et ressentis physiques au fur et à mesure que la course avance. Cette lutte contre soi-même plutôt que contre les autres, ces passages difficiles, notamment le « mur » des 30km. Ce moment où le corps vous lâche, et où c’est bien souvent la tête qui doit reprendre le dessus pour emmener ce dernier jusqu’à la ligne d’arrivée.

Je n’ai pas fait de pause à la lecture de ce texte. J’étais dans la course avec lui. J’ai ressenti sa souffrance comme je peux ressentir celle de mon homme quand il court… Je l’ai vu chuter, se relever, continuer à avancer, et enfin passer la ligne d’arrivée. J’aurais adoré voir sa version interprétée sur scène, sur cette route biscornue qui servait de décor. Ça devait être magnifique.

C’était un beau moment. déroutant au départ, mais si réaliste, si entraînant… Je suis cependant consciente qu’un tel livre ne parlera pas à tout le monde. Mais si vous êtes sportif d’endurance, ou si vous avez des proches qui le sont, ce livre vous plaira sûrement.

Je lui ai mis 16/20.

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