Les olympiades truquées – Joëlle Wintrebert

Les olympiades truquées - Joëlle Wintrebert

Les olympiades truquées est un roman de science-fiction de Joëlle Wintrebert, publié pour la première fois en 1987 chez Fleuve Noir dans leur collection anticipation, et en 1998 chez J’ai Lu pour la présente édition.

Résumé :

Sphyrène est une nageuse d’exception, supérieurement douée. L’espoir des prochains Jeux olympiques. On contrôle son mental. On lui fait prendre des drogues. Mais quand la dose est trop forte, la violence se déchaîne. Quant à Maël, elle essaie juste de comprendre ce qu’elle est. Le clone de sa mère morte.
Et dans un monde où le clonage humain sert à renouveler le corps des nantis, où d’étranges mutations bouleversent la notion de sexualité, les itinéraires des deux jeunes filles vont se croiser. Car elles tiennent à la liberté de leur corps et à leur vie de femme. Et elles iront jusqu’au bout.

Avis :

Donner un avis sur ce livre ne va pas être évident… Dès le début, il m’a mis énormément mal à l’aise. Beaucoup de violence, y compris sexuelle (jusqu’à de l’inceste), qui a eu tendance, en ce qui me concerne, à trop masquer les thèmes qui me paraissaient pourtant intéressants à aborder.

Dans un premier temps, je vais donc tenter de rédiger mon avis. Puis, sous l’image du club de lecture, je compléterai pour ceux et celles qui ont abandonné le livre où ne souhaitent pas le lire, en exposant plus avant (avec spoiler) quelques uns des thèmes abordés dans la deuxième moitié du roman. Je vous remercie d’avance de votre bienveillance à mon égard concernant ce livre et mon avis.

Je comprends tout à fait que nombre des membres du club de lecture Une chambre à nous l’aient abandonné. Je ne regrette cependant pas d’avoir été au bout. Il a en effet fallu attendre la page 121 de mon édition, soit près de la moitié du livre, pour que les premières réactions fortes de sens des héroïnes apparaissent. Pour qu’elles essaient avec plus ou moins de succès, de prendre en main leur destin. En passant pour l’une d’elle une fois de plus par le sexe, comme moyen de parvenir à ses fins.

L’autrice dénonce, plus particulièrement dans la deuxième moitié du livre, des situations de femmes qui sont ignobles (les situations), tout en ne rejetant pas toute la faute sur les hommes en permanence. D’ailleurs les hommes vivent aussi des situations compliquées du fait de l’évolution de la société.

Concernant les sportives, l’entraînement intensif et les usages de drogues et hormones en tout genre, ce livre a été écrit à la fin des années 80, et je pense qu’il faut reposer les actes dans le contexte de l’époque, où on découvrait avec horreur qu’en RDA par exemple, le dopage était une affaire d’Etat. Un programme de recherches et un budget officiel, des athlètes dopé(e)s à leur insu, des dégâts irréversibles… Les plus curieux peuvent jeter un œil sur l’article Wikipedia sur le sport en RDA.

Ceci dit, les Jeux Olympiques arrivent extrêmement tard dans le roman, et à peine commence-t-on à comprendre les tenants et les aboutissants, qu’en moins de 50 pages, c’est bouclé. DU coup, je m’interroge sur le pourquoi du comment du titre… Pour plus d’informations, voir ci-dessous !

Une chambre à nous - Club de lecture féministe

J’ai lu ce livre dans le cadre du club de lecture Une chambre à nous, créé par Tête de Litote et Les Carnets d’Opalyne. N’hésitez pas à nous rejoindre sur le groupe Facebook !

Je lui ai mis 14/20.

Post-scriptum donc :

La première réaction d’une héroïne page 121, est celle de Maël, qui se rend finalement compte qu’elle n’est pas un simple clone mais qu’un substitut  de la défunte femme de son père. Elle fuit et ajoute un A à son prénom pour nier tout ce qu’elle a été jusque là.

L’autrice et son roman méritent de mon point de vue un jugement pas trop sévère malgré les nombreux défauts relevés par beaucoup, moi la première.

Vers le milieu du livre, on se trouve dans un centre de « visioputes » (oui, je sais, encore du sexe), et une des employées est d’origine africaine, excisée et les lèvres cousues. Elle raconte à Amaël son excision, la douleur, le traumatisme, et le fait que même à leur époque, ça continue à se perpétrer et que ça reste une affaire de femmes. Je trouve le sujet important et bien traité, même si les descriptions restent choquantes (ce que je trouve dans ce cas pertinent, car ce qui est dénoncé est choquant).

L’autrice aborde aussi à nouveau le sujet de l’inceste et de la violence sexuelle des hommes envers les femmes. Elle en parle comme d’un comportement d’un autre temps. Dans ce monde de science-fiction, il ne reste que 35% de femmes, et cela crée des frustrations importantes chez les hommes… Entendons-nous bien, je vous expose les thèmes, je ne soutiens ni ne cautionne en aucun cas quelque violence faite à une femme, ou un homme d’ailleurs.

D’ailleurs les hommes sont aussi victimes de cette dénatalité féminine… Elle entraîne chez certains des changements physiologiques, appelés le « syndrome de la matrice » : leurs seins poussent, leurs organes génitaux réintègrent leur corps et ils prennent du ventre comme lors d’une grossesse. Ils ont même des montées de lait. Le gouvernement finit par leur confier des bébés clonés à allaiter pour contrer la vague de dépressions de « non-naissance ». J’ai trouvé cette idée originale et j’ai trouvé intéressant de mettre aussi des hommes en souffrance dans l’intrigue.

Plus on avance dans le roman, plus on voit les effets délétères du dopage sur les nageuses, puis sur les autres athlètes lors des Jeux Olympiques. Se met aussi en place un groupe de dissidents qui souhaitent dénoncer les trop nombreuses manipulations génétiques et expériences en tout genre sur les êtres humains. Groupe dont Amaël est l’une des seules femme. Ils vont se rendre sur le site olympique dans le but de provoquer un coup d’éclat et prouver que les résultats sont dus au dopage. Amaël et Sphyrène vont se rencontrer là-bas… ce qui mènera à leur fin tragique quelques mois plus tard. Je sais, ce dernier paragraphe va très vite et ne rentre dans aucun détail, mais tout ça se passe en moins de 50 pages ! Alors que ça aurait pu être tellement intéressant de développer cette partie…

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