Le vieux qui lisait des romans d’amour – Luis Sepulveda

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda

Le vieux qui lisait des romans d’amour est un court roman (121 pages) de l’écrivain chilien Luis Sepulveda, paru pour cette édition en 1997 chez Points.

Résumé :

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

Avis :

Quel bonheur que de découvrir Antonio José Bolivar ! Un personnage complètement atypique dans la forêt amazonienne ! Il est arrivé au fin fond du monde par hasard, espérant y trouver une vie meilleure, et a vécu plus d’aventures dans sa vie qu’aucun de nous n’oserait en rêver. D’ailleurs nombre d’entre elles ne sont pas souhaitables, même à un ennemi.

Il connait la forêt comme sa poche, ainsi que les mœurs des autochtones, au milieu desquels il a longtemps vécu. Il sait aussi le comportement des animaux sauvages. Tout cela en fait au regard de l’autorité locale un homme très précieux, mais qui fait un peu peur car difficilement malléable.

Le village d’El Idilio où il vit et ses habitants sont tellement éloignés de lui, et manquent tellement de communion avec la nature que le choix de ce nom de lieu est vraiment très ironique. On est loin du petit village idyllique où tout le monde vit heureux. Le maire est un personnage abject. Le vieux est entraîné malgré lui dans une traque qui le dégoûte… mais qui nous permet de découvrir encore plus d’humanité dans ce personnage (et oui c’est possible !).

J’adore cet homme, au premier abord caricature du rustre paysan illettré, qui en fait est extrêmement sage, et qui adore les romans d’amour, les « histoires désespérées avec des fins heureuses ». Il aime tellement lire ses livres qu’il est capable de les relire des dizaines de fois, jusqu’à les connaître par cœur. Il faut dire qu’il en possède peu et que c’est le dentiste, quand il passe 2 fois par an en remontant la rivière sur un bateau de commerce, qui lui apporte sa dose !!!

Une leçon pour la lectrice et collectionneuse quasi compulsive que je suis… Avec 3 ou 4 livres seulement, le vieux trouve tout le bonheur dont il a besoin, et prend plaisir à en comprendre chaque mot, et à les relire à l’infini. On peut sourire du décalage culturel entre ses lectures et sa vie. Par exemple, quand il lit un roman d’amour qui se passe à Venise, il a du mal à comprendre pourquoi les gens construisent des maisons en béton sur l’eau au lieu d’aller plus loin…

Ce très court roman est un condensé d’émotions et d’aventures, et l’auteur arrive en à peine plus de 100 pages à nous raconter les malheurs de l’Amazonie, l’invasion des occidentaux et leur manque de connaissance de ce qu’ils détruisent, et des implications pour notre avenir. Il nous conte aussi un merveilleux petit bonhomme, qui a lui seul essaie d’éduquer ses congénères à la vie, à la survie même, dans ce monde hostile qu’ils ont choisi. Une belle allégorie de ce monde abject dans lequel nous vivons.

Je lui ai mis 17/20.

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