Le marchand de passés – José Eduardo Agualusa

Le marchand de passés - José Eduardo Agualusa

Le marchand de passés est un court roman de José Eduardo Agualusa, publié pour cette édition en 2016 chez Métailié Suites, dans la collection poche Suite Portugaise.

Résumé :

A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, exerce une activité étrange : il crée de faux passés qu’il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeoisie angolaise naissante, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé. Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits d’ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux étranger à la recherche d’une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule. La jeune photographe obsédée par la lumière retrouve, elle aussi, un passé, de même que le gecko qui rêve sur le mur, tout un réseau irrationnel se met en place et l’impossible arrive. Satire féroce et pleine d’humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés.

Avis :

Ce livre m’a laissée un peu dubitative… J’ai adoré la plume de José Eduardo Agualusa, que je découvrais pour la première fois, mais j’ai eu du mal à le suivre dans les méandres de son histoire. Il y a dans ce roman un peu trop de personnages et d’intrigues différentes qui s’entrechoquent à mon goût. Ça a un peu trop compliqué ma lecture. Pourtant, les thèmes abordés, tout comme les procédés stylistiques sont intéressants.

Je n’avais jamais lu de livre où le narrateur est un gecko ! Enfin, un narrateur réincarné en gecko. Ça donne du recul et de la liberté à l’auteur pour critiquer à moindres frais la société angolaise et ses travers. Pour railler les parvenus, les nouveaux puissants, ceux qui accèdent au pouvoir, sortants de nulle part. Et qui ont besoin d’un passé sans tâche pour continuer à progresser. Félix l’a bien compris et en a fait un gagne-pain lucratif.

Se pose aussi la question de la mémoire. A quel point est-elle malléable ? A quel moment arrive-t-on à se persuader que les histoires qui nous arrangent sont la réalité ? Est-ce que changer notre histoire familiale change aussi ce que nous sommes aujourd’hui ? Comment peut-on intégrer des inventions comme étant partie intégrante de notre passé ? Toute cette réflexion de l’auteur est passionnante.

Là où j’ai eu plus de mal, c’est dans cette toile tissée entre tous les personnages. Quelle est la nécessité de créer des liens entre les personnages, quitte à les forcer et à perdre en crédibilité ? A cause de cela, l’auteur a failli me perdre. C’est son style, et la pertinence de sa réflexion sur la mémoire qui ont sauvé ma lecture, et m’ont permis de passer outre les points négatifs.

J’ai reçu ce livre dans le cadre de mon abonnement Exploratology pour le mois de janvier 2017. Si vous voulez plus d’informations sur Exploratology, je vous renvoie vers l’article où je présente le site.

Je lui ai mis 16/20.

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